L'adage "personne n'est jamais devenu pauvre en prenant des bénéfices" est une (potentiellement) dangereuse fallacie car il centre la décision de sortie sur votre prix d'entrée. Il considère la prise de bénéfices comme une récompense psychologique plutôt qu'une prévision stratégique. Pour toute stratégie qui ne gagne pas la majorité du temps, les gagnants exceptionnels sont le moteur essentiel qui finance vos pertes inévitables. En "verrouillant" un gain simplement parce que votre P&L est positif, vous sous-financez systématiquement les très rares nécessaires à votre survie. Une sortie doit être tournée vers l'avenir, basée sur ce que le prix est susceptible de faire ensuite plutôt que sur l'endroit où vous avez acheté. Le marché n'a pas de mémoire de votre prix de revient, et ancrer vos décisions à celui-ci est une forme d'auto-sabotage. En fin de compte, ce n'est pas la fréquence de vos bénéfices qui compte, mais si leur ampleur est autorisée à remplir sa fonction principale : payer pour votre risque. Plus facile à dire qu'à faire, mais c'est ce que c'est.